KINSHASA, – La République démocratique du Congo durcit son arsenal contre la corruption avec de nouvelles institutions spécialisées et des réformes législatives ambitieuses, a déclaré mercredi le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, lors du Forum Médias RDC-Chine à Kinshasa organisé par l’Agence congolaise de presse avec le soutien du gouvernement congolais et l’agence chinoise Xinhua.
Présentant une stratégie renouvelée, le ministre a dénoncé un fléau qui « ne constitue pas qu’un simple délit financier », mais « un poison qui s’attaque aux racines mêmes de la démocratie ». Selon lui, la corruption « fragilise nos institutions » et « érode la confiance des citoyens comme celle des investisseurs ».
Au cœur de cette réforme figure la création d’un Tribunal pénal économique et financier.
« Cette juridiction spécialisée marque la fin de l’amateurisme dans le traitement des crimes en col blanc », a affirmé Guillaume Ngefa, ajoutant que « chaque franc détourné devienne une affaire d’État ».
Le gouvernement mise également sur un cadre législatif renforcé, incluant une loi anticorruption plus sévère et un projet sur les conflits d’intérêts. « On ne peut plus servir l’État tout en se servant soi-même », a-t-il martelé.
Parallèlement, Kinshasa s’appuie sur des structures comme l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) et la cellule de renseignement financier CENAREF pour détecter et traquer les flux illicites. La récupération des avoirs est aussi une priorité : « Il ne suffit plus de condamner ; il faut recouvrer », a insisté le ministre.
Insistant sur la dimension internationale du phénomène, Guillaume Ngefa a plaidé pour une coopération accrue, notamment avec la Chine. « Aucun corrupteur ne doit trouver refuge nulle part », a-t-il déclaré.
Enfin, il a souligné le rôle clé des médias dans ce combat.
« Vous êtes les sentinelles de cette transformation », a-t-il lancé, estimant que la lutte contre la corruption repose aussi sur « le changement des mentalités ».
