KINSHASA, — Un collectif de la société civile congolaise a exprimé lundi de vives inquiétudes face aux informations faisant état d’un retrait progressif des forces rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo, dénonçant un manque de transparence et de mécanismes de vérification.
Le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC, qui regroupe plus de 200 organisations, affirme que les mouvements observés des RDF restent impossibles à authentifier de manière indépendante.
« À ce jour, aucun mécanisme crédible, transparent et indépendant n’a été officiellement mis en place pour certifier ce retrait », a déclaré le comité dans un communiqué.
Selon plusieurs sources locales citées par l’organisation, ces mouvements seraient principalement nocturnes, alimentant les doutes sur leur sincérité. L’absence de données officielles sur le nombre de soldats concernés ou leur destination réelle renforce les incertitudes.
« Un retrait non coordonné équivaut à un désordre stratégique et peut masquer des manœuvres de repositionnement », a averti le comité.
Le collectif insiste sur la nécessité de synchroniser tout retrait des troupes rwandaises avec le cantonnement des rebelles de AFC/M23, faute de quoi le risque de redéploiement déguisé resterait élevé.
Dans ce contexte, l’organisation appelle à un rôle accru de la MONUSCO, mandatée pour le suivi sécuritaire.
« Sans coordination, sans transparence et sans vérification indépendante, il ne peut y avoir ni confiance ni stabilité durable », souligne le communiqué.
Le comité réclame notamment la mise en place urgente d’un mécanisme international de monitoring, incluant des outils technologiques et des rapports publics réguliers.
Alors que les tensions persistent dans l’est du pays, ces préoccupations interviennent à un moment critique pour les efforts diplomatiques visant à stabiliser la région et protéger les populations civiles.

