KINSHASA,— Comme dans un ultime stade d’une douloureuse herméneutique, les dernières sorties médiatiques du duo Paul Kagame-Joseph Kabila a eu un mérite historique incontestable. Celui d’apporter la démonstration de la filiation à la fois biologique et idéologique entre les deux. Comme le martèle si bien le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe : le père n’avait pas d’autre choix que de bénir enfin, publiquement, son fils bien aimé et de lui rappeler urbi et orbi sa mission sacrée.

L’implacable preuve a surtout fourni un nécessaire éclairage à l’arnaque et au crime. Même les plus cancres des Congolais ont enfin vu le doute et l’interrogation s’insinuer dans leurs esprits et leurs regards troublés. Trop, c’était déjà trop.

Le problème, c’est que les mêmes Congolais n’ont pas cessé, au même moment, de reculer, d’hésiter, d’accorder une deuxième ou une troisième chance, comme dans un curieux complexe de Stockolm, à ceux dont le projet de société, le modèle de gouvernance et le programme d’actions ne se déclinent que sur un seul mode : tuer, violer, piller, déplacer les populations. Là aussi, avec des interrogations subliminales toujours sans réponses : jusqu’à quand; pourquoi ces hesitations qui confinent à la pusillanimité sinon à l’absence de volonté politique; enfin quelle quantité de sang le pays doit encore verser pour emporter la décision unanime de la Nation ?

Les réponses fournies à ce stade, notamment par le deal américain, n’ont pas toujours apaisé les esprits, comme dans un cruel processus inachevé. La dimension sécuritaire, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale soumet chaque jour les Congolais à une interminable torture, à un long stress porteur d’un génocide silencieux dans un pays humilié et sodomisé par des monstres échappés de l’enfer.

La balkanisation, rebaptisée avec un cruel opportunisme soudanisation, porte ainsi avec un incroyable aplomb le projet d’un crime de masse annoncé. Là où cartes sur table, au propre comme au figuré, la RD Congo devait se convaincre, à cette étape de sa démarche, qu’elle n’hésiterait jamais sur le prix à payer pour sa souveraineté et son intégrité territoriale. Sur le prix de l’indispensable guerre de l’espace, de la production par essaims entiers des drones, des blindés et d’avions de chasse, enfin de celui d’un mur qui le séparerait à jamais de ses voisins encombrants et avides de sang, du sud-est katangais au nord-est iturien.

Le vrai débat, c’est celui-là. Il n’est ni idéologique ni sentimental. Ce qui est en revanche en jeu, c’est la capacité des RD Congolais à apporter definitivement la preuve, ici et maintenant, qu’ils méritent réellement leur pays, et que le Dieu des ancêtres
, de Mfumu Kimbangu qu’ils prient sans désemparer chaque jour ne leur interdit pas de faire payer le sang pour le sang, l’oeil pour l’oeil, et la dent pour la dent.

Par Bienvenu-Marie Bakumanya

Par LeJour

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