WASHINGTON — Les États-Unis pourraient prochainement adopter une position plus ferme à l’égard du Rwanda, soutien principale de la rébellion du M23 active dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré mercredi Chris Smith, président de la sous-commission Afrique de la Chambre des représentants américaine.
À l’issue d’échanges avec le président congolais Félix Tsishekedi portant sur le processus de paix dans la région des Grands Lacs, l’élu américain a souligné que, malgré la volonté affichée des autorités congolaises de faire respecter les accords de paix, la persistance des violences armées rend ces efforts fragiles.
« Le traité de paix ne peut pas fonctionner tant que les engagements ne sont pas respectés », a averti Chris Smith, en référence aux violations répétées des accords signés.
Selon lui, le président congolais, le président du Parlement et la représentation diplomatique de la RDC ont tous réaffirmé leur engagement en faveur d’un règlement durable du conflit, mais les actions du M23, largement attribuées au soutien rwandais par Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, continuent de compromettre la stabilité de la région.
Chris Smith a annoncé une seconde phase d’auditions au Congrès consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Ces travaux visent à intensifier la pression sur l’administration américaine pour qu’elle adopte des mesures plus fermes contre Kigali.
« Ce n’est pas terminé. La semaine prochaine, nous allons faire pression sur l’administration pour des sanctions contre les proches de Kagame et voire contre Kagame lui-même », a-t-il déclaré.
Le parlementaire a évoqué la possibilité d’imposer des sanctions ciblées contre des responsables rwandais de haut niveau, incluant potentiellement le président Paul Kagame.
« On ne peut pas faire les choses à moitié », a insisté Chris Smith. « On va dire à Kagame : tu as signé cet accord en ton nom, maintenant il faut arrêter les aventures. »
Cette déclaration marque un durcissement notable de la position américaine vis-à-vis du Rwanda, alors que le M23, avec le soutien du Rwanda, continue d’être actif dans la région de l’est de la RDC, exacerbant les tensions dans un territoire déjà fragilisé par des années de conflit.
