KINSHASA, — Au terme de plusieurs mois de formation, 2 500 nouveaux magistrats ont officiellement intégré les corps judiciaires de la République démocratique du Congo samedi, lors d’une cérémonie solennelle au Palais du Peuple, à Kinshasa. L’événement s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi visant à renforcer l’État de droit.
Présidant la clôture, le chef du Conseil supérieur de la magistrature, Dieu-Donné Kamuleta, a exhorté les nouveaux promus à incarner une justice indépendante et intègre.

« La République a besoin de magistrats capables de dire le droit avec courage (…) et de faire régner non la loi de la force, mais la force de la loi », a-t-il déclaré.
Le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a présenté cette vague de recrutement comme une réponse au déficit chronique de personnel judiciaire.

« Il ne peut exister d’État de droit effectif sans une magistrature numériquement suffisante, techniquement compétente et moralement irréprochable », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette promotion traduit « une volonté politique claire » malgré les contraintes budgétaires, et permettra de combler « le désert judiciaire » observé dans plusieurs territoires.
S’adressant directement aux lauréats, le ministre a mis en garde contre les pressions et la corruption.
« Les pouvoirs que vous exercerez ne vous appartiennent pas. Ils vous sont délégués par la Nation », a-t-il insisté, qualifiant la lutte contre les trafics d’influence d’« obligation déontologique ».
Dans un avertissement ferme, Kamuleta a rappelé que 15 magistrats ont été condamnés au pénal et que des centaines de dossiers disciplinaires sont en cours.
« Si vous vous écartez du droit et de l’éthique, ne comptez plus sur la protection du Conseil », a-t-il prévenu.
