KINSHASA,  — La République démocratique du Congo a enclenché le processus devant conduire au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des rebelles hutu rwandais des FDLR, un dossier au cœur des tensions avec Kigali, a affirmé vendredi le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni lors d’une interview à la télévision francophone TV5 Monde.

« Ce protocole (…) est un acte majeur », a déclaré M. Anzuluni, en référence au « protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR par la sensibilisation ».

Ce texte doit permettre à la RDC de mettre en œuvre l’un de ses principaux engagements dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington avec le Rwanda, a expliqué le ministre. Cet accord est accompagné d’un concept opérationnel (CONOPS) prévoyant notamment le désengagement des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR.

Mais contrairement à ce qui avait été évoqué, aucun délai de 90 jours n’a encore été arrêté pour la démobilisation.

« 90 jours, c’est le délai qui était repris (…) dans l’accord de paix et dans le CONOPS. Mais ici, nous n’avons pas encore défini le délai », a précisé M. Anzuluni.

Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCCS) a élaboré un plan opérationnel, un chronogramme et un budget, actuellement soumis à approbation et validation. « Ensuite, nous pourrons alors rendre publics les délais et les différentes étapes du processus », a-t-il indiqué.

Deux branches des FDLR

Le protocole engage, selon le ministre, les deux branches des FDLR, politique et militaire.

Le ministre Anzuluni sur le plateau de TV5 Monde. Capture écran

« La branche politique est dirigée par monsieur Victor Byiringiro, qui est le signataire de ce protocole, qui engage le mouvement, et la branche militaire (…) par monsieur Oméga », a-t-il affirmé. « Les deux (…) ont souscrit pleinement à la mise en œuvre de ce protocole. »

Six zones opérationnelles susceptibles d’abriter des FDLR ont par ailleurs été identifiées par le comité conjoint de suivi sécuritaire, cinq dans le Nord-Kivu et une dans le Sud-Kivu.

Mais cinq de ces six zones sont actuellement sous le contrôle de l’armée rwandaise et de l’AFC-M23, selon M. Anzuluni, une situation qui devra évoluer pour permettre le déroulement du processus.

« Une fois que les opérations sont lancées, l’armée rwandaise est tenue de quitter le territoire congolais pour permettre à ce que le processus puisse suivre son cours », a-t-il déclaré.

Un suivi international

Les autorités congolaises veut également associer des acteurs régionaux et internationaux au suivi du désarmement afin de garantir son application.

« Nous allons mettre en place (…) un mécanisme de suivi qui va se composer également de partenaires régionaux et de partenaires internationaux, de partenaires techniques », a expliqué le ministre, citant notamment l’European Institute et la communauté Sant’Egidio.

L’objectif est que le processus « ne soit pas simplement un processus congolais », mais qu’il implique « tous les acteurs directs ou indirects ».

Face au scepticisme de Kigali, M. Anzuluni assure ne pas craindre une nouvelle impasse. Il rappelle que l’accord de paix a été signé « au plus haut niveau par les deux chefs d’État » avec l’appui de plusieurs facilitateurs.

« Aujourd’hui, nous sommes tous liés par cet accord de paix et la RDC aujourd’hui est en train de faire respecter ses engagements », a-t-il conclu.

Par LeJour

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