KINSHASA, – La Belgique a fermement condamné l’alliance entre l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, et le mouvement rebelle M23, qualifiant ce rapprochement de « développement très préoccupant », selon une information rapportée mercredi par l’agence de presse Belga et relayée par l’Agence congolaise de presse (ACP).

« Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre équivoque. Que Joseph Kabila, un ancien chef d’État qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire qui entend parvenir au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques, est à la fois déplorable, incompréhensible et inacceptable », a déclaré Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères.

Joseph Kabila à la tête d’un mouvement politico-militaire

Selon la même source, Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la Refondation de la Nation (RFN), une nouvelle plateforme politico-militaire qui inclut le M23, une rébellion tutsi soutenue par le Rwanda et active dans l’est de la RDC.

Cette évolution intervient au moment où la République démocratique du Congo indique avoir enregistré des avancées importantes depuis la publication en juillet dernier, du protocole de reddition volontaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et l’élaboration d’une feuille de route complète de la mise en œuvre de ce processus, jusqu’à son aboutissement.

La question du rôle du Rwanda dans la crise congolaise reste au cœur des tensions régionales. À cet égard, le président rwandais, Paul Kagame, avait déclaré, lors d’une interview accordée il y a quelques mois à un journal français, être disposé à accueillir ceux qui choisiraient de déstabiliser la RDC.

Bruxelles privilégie la voie diplomatique

L’annonce de l’alliance entre Joseph Kabila et le M23 ne constitue pas une surprise pour les autorités belges, au regard des contacts précédemment entretenus entre l’ancien chef de l’État et le mouvement rebelle. Bruxelles suit de près l’évolution de la situation, même si aucun changement fondamental n’a, jusqu’à présent, été constaté sur le terrain, rapporte Belga.

Pour Maxime Prévot, la voie choisie par Joseph Kabila est « profondément illégitime ». La Belgique réaffirme ainsi sa préférence pour une résolution pacifique du conflit dans l’est de la RDC, notamment à travers les processus de Doha et de Washington.

Le chef de la diplomatie belge a également salué les déplacements récents des co-facilitateurs de l’Union africaine à Kinshasa, Goma et Kigali, destinés à soutenir les efforts de médiation. De nouvelles réunions sont prévues en novembre afin de contribuer à l’avancement des initiatives diplomatiques en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs.

 

Par LeJour

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