Goma, Kinshasa – Des milliers de personnes ont été contraintes, lundi, de manifester dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, sous occupation de l’armée rwandaise en appui aux rebelles de l’AFC/M23.
Des habitants de Goma ont indiqué à LeJour.net avoir vu un communiqué attribué à la société civile appelant la population à une manifestation ce lundi, un meeting qui est transformé en marche vers la siège provincial de la mission onusienne en RDC.
Selon plusieurs témoins sur place, les autorités de l’AFC/M23 ont dépêché des camions Fuso et des bus dans plusieurs villages sous leur occupation afin de transporter de force des populations vers Goma, pour manifester contre l’implication des États-Unis d’Amérique dans la recherche de la paix dans cette partie du pays.

« Ils avaient déjà prévu des banderoles avec des messages hostiles aux Américains, leur demandant de ne pas se mêler de leurs affaires. Ils ont distribué ces banderoles aux personnes amenées de force à cette manifestation devant la MONUSCO », a expliqué un habitant ayant requis l’anonymat par crainte de représailles.
Ne voulant pas participer à cette manipulation, plusieurs habitants se sont terrés dans leurs maisons, donnant à la ville des allures de ville morte, aucune activité n’ayant fonctionné normalement ce lundi matin.
« Nous nous sommes renfermés dans nos maisons pour éviter d’assister à ce cinéma », a ajouté ce même habitant.
Toutefois, certains Congolais contraints de participer à cette manifestation ont « bravé la peur » en scandant des chants hostiles aux forces rwandaises, selon des vidéos consultées par LeJour.net.
Dimanche, le député national Willy Mishiki, élu de Walikale (Nord-Kivu) et président du Conseil d’administration des Volontaires pour la défense de la Patrie (Wazalendo), avait alerté sur cette manipulation, qui viserait également la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, toujours sous occupation de l’armée rwandaise malgré l’annonce de leur retrait.
