KINSHASA, — Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et le ministère de la Justice de la République démocratique du Congo ont tenu mardi une séance de concertation à Kinshasa pour enrayer les dérives qui fragilisent l’appareil judiciaire, avec un accent particulier sur la spoliation des biens immobiliers et fonciers de l’État et l’exécution irrégulière des décisions de justice.
Les deux institutions ont passé en revue des dossiers sensibles et arrêté des mesures visant à restaurer l’autorité de l’État, renforcer la sécurité juridique et améliorer le climat des affaires, ont indiqué des responsables à l’issue de la rencontre.

« Nous allons travailler sérieusement pour que les magistrats véreux soient écartés du corps », a déclaré Jean-Paul Mukolo Nkokesha, procureur général près le Conseil d’État.
Selon lui, des sanctions sont envisagées contre des magistrats, huissiers et avocats impliqués dans l’exécution de jugements non définitifs, une pratique jugée préjudiciable à la confiance des investisseurs.

« Nous avons planché sur des sanctions à l’endroit des huissiers qui exécutent des décisions non définitives », a-t-il ajouté, affirmant que 2026 marquerait un tournant pour la moralisation du secteur.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, a salué la convergence de vues entre les institutions et les progrès enregistrés.

« Il existe désormais une vision commune, afin que notre justice soit véritablement au service de la population », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’arsenal répressif, le CSM a plaidé pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats, présentées comme un levier clé de la réforme.
« Le gouvernement devra accompagner les magistrats pour améliorer leurs conditions de travail », a insisté Mukolo Nkokesha.
Présidée par Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle et du CSM, la rencontre a réuni les membres du bureau du CSM, le ministre de la Justice et le secrétaire permanent, porte-parole de l’institution.
