GOMA, — Plusieurs jeunes organisateurs d’une marche dénonçant la présence rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo ont été arrêtés entre le 30 décembre et le 1er janvier à Goma, ont indiqué vendredi plusieurs sources locales.
La manifestation, initialement prévue ce vendredi dans la capitale du Nord-Kivu, visait à réclamer le retrait des troupes rwandaises qui soutiennent la rébellion du M23, ainsi qu’à dénoncer les exactions commises contre les civils dans les zones occupées, selon les organisateurs.
Vendredi matin, la ville tournait au ralenti. Aucun rassemblement n’a eu lieu et de nombreux commerces sont restés fermés. Des militaires lourdement armés étaient déployés à plusieurs carrefours stratégiques, selon des témoins, pour dissuader tout mouvement de foule.
« Il y a eu plusieurs arrestations depuis le 30 décembre. La ville est surmilitarisée. On arrête tout le monde, avec ou sans motif »,
a déclaré un habitant de Goma joint par téléphone, sous couvert d’anonymat.
Un autre résident, qui a également requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, a rapporté avoir entendu des coups de feu dans certains quartiers de la ville.
« En ville, ça va encore, mais nous apprenons qu’il y a eu des arrestations parmi les instigateurs de la marche. Il y aurait eu aussi quelques coups de balles », a-t-il affirmé.
La jeunesse de Goma avait appelé à une mobilisation pacifique ce 2 janvier pour protester contre l’occupation rwandaise et la maltraitance de la population civile dans les zones sous contrôle des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.
Une mobilisation que les forces d’occupation avaient promis de réprimer par tous les moyens.
