KINSHASA — Le groupe armé AFC/M23 a considérablement intensifié ses efforts militaires et politiques dans l’est de la République démocratique du Congo depuis avril 2025, cherchant à consolider son emprise sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon un rapport à mi-parcours du Groupe d’experts des Nations Unies remis le 30 décembre 2025 au président du Conseil de sécurité.
Le document fait état d’une campagne « accrue » de recrutement, d’un entraînement militaire systématique et d’un redéploiement coordonné des troupes. Ces opérations ont été facilitées par une coopération « étroite » avec les Forces de défense rwandaises (RDF), permettant au mouvement d’étendre son influence territoriale.

« L’AFC/M23 ne se limite plus à une logique militaire : il cherche à s’ériger en alternative politique et administrative à l’État congolais. »
Les experts indiquent que le groupe a mis en place des structures parallèles — administratives, judiciaires, budgétaires et sécuritaires — usurpant les fonctions officielles de l’État. En juillet 2025, son secrétaire permanent, Benjamin Mbonimpa, a évoqué à Doha un modèle de gouvernance fédéraliste, confirmant l’ambition de créer une région autonome dans l’Est, en contradiction avec les engagements de paix et le régime de sanctions de l’ONU.
Le rapport dénonce par ailleurs une intensification du recrutement forcé dans les zones contrôlées. Hommes et garçons, y compris des mineurs, sont « systématiquement » rassemblés sous couvert de contrôles d’identité avant d’être enrôlés. Des campagnes publiques de conscription dite volontaire se poursuivent également, appuyées par des témoignages, photographies et vidéos authentifiées.
« Les tentatives de fuite ou de refus d’obéir sont sanctionnées par des châtiments inhumains et des exécutions sommaires. »
Malgré l’annonce de milliers de combattants formés en 2025 — chiffres non corroborés par l’ONU — la loyauté des recrues demeure fragile. Déployées dans des zones inconnues, souvent mal équipées, elles font face à la faim, aux maladies non soignées et à des violences persistantes. Les forces dites de « défense locale », formées par l’AFC/M23, censées assurer la sécurité, sont également impliquées dans des affrontements armés et de graves violations des droits humains, conclut le rapport.
