UVIRA, — À l’aube, les klaxons des taxis-motos ont de nouveau envahi les rues d’Uvira. Après plusieurs jours de paralysie liés aux pillages et à la barbarie des troupes rwandaises et leurs alliés du M23, la ville de l’est de la République démocratique du Congo tente de reprendre son souffle.
Aux marchés de Kalimabenge et de Mulongwe, les étals se remplissent progressivement depuis jeudi. Des vendeuses installent leurs marchandises pendant que les premiers clients négocient avec les peu qu’ils ont après plusieurs jours d’oppression sous le joug rwandais. Les transports en commun ont repris, tout comme les liaisons routières en provenance de Misisi et de Baraka, dans le territoire de Fizi.

« Les activités ont bel et bien repris, surtout depuis avant-hier, lorsque les crépitements des balles ont cessé », explique Kelvin Bwija, coordonnateur de la société civile SOCICO à Uvira.
Au port de Kasenga, les pirogues motorisées accostent à nouveau, chargées de poissons frais en provenance des zones côtières.
« Les “mikeke” inondent déjà les marchés d’Uvira », témoigne Jacques, commerçant.
La reprise reste toutefois inégale. Les universités ont rouvert leurs portes, mais les écoles primaires et secondaires demeurent fermées. Les bâtiments administratifs, eux, portent encore les stigmates des pillages.
« L’administration n’a pas encore totalement repris. Nous sommes dans une phase de réhabilitation », souligne Dominique Kalonzo, chargé de communication à la mairie d’Uvira.
Dans les rues, l’espoir d’un retour à la normale se mêle encore à la prudence. Ce vendredi le gouverneur de province est rentré dans la ville apportant un message d’espoir et de paix à l’endroit des différentes communautés.
