WASHINGTON, – Une délégation de Congolais Banyamulenge vivant aux États-Unis a dénoncé mardi à Washington l’instrumentalisation de leur communauté par le Rwanda pour justifier l’agression armée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
La déclaration a été faite lors d’un échange avec le ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, en marge d’activités de sensibilisation menées auprès de la diaspora congolaise aux États-Unis.
« Nous avons attendu longtemps d’avoir des canaux de communication avec les autorités de notre pays. Aujourd’hui, c’est chose faite », s’est félicitée Me Émilie Muhizi, présidente d’une mutualité des Banyamulenge aux États-Unis, saluant l’ouverture du gouvernement congolais au dialogue avec cette communauté.
La délégation a réaffirmé son attachement à la RDC et rejeté toute tentative d’assimilation des Banyamulenge à un agenda étranger, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali autour du conflit dans l’est du pays.
« Nous sommes des Congolais. Comment le président rwandais peut-il défendre les Congolais ?
Notre défenseur, c’est le président Félix Tshisekedi, et non Kagame. Kagame est le défenseur de son peuple au Rwanda, pas de nous » a déclaré dans une interview à l’Agence congolaise de presse (ACP), Bosco Manyota, ancien militaire congolais vivant à Dallas.
M. Manyota a lancé un appel aux autorités pour le retour dans leur ville d’Uvira, des déplacés banyamulenge déportés par l’armée rwandaise et le M23 vers Kamanyola, dans la province du Sud-Kivu.
« La situation de nos frères à Kamanyola est très préoccupante. Beaucoup ont traversé vers le Rwanda faute de conditions de vie décentes », a-t-il dit, appelant le gouvernement à garantir leur sécurité et leur réinstallation.
