UVIRA/BUKAVU– La découverte de deux fosses communes à Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, jette une lumière crue sur les exactions présumées commises lors de l’occupation de la ville par les rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda.
L’annonce a été faite par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, mardi, à l’occasion de la visite d’une délégation de la MONUSCO et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dans le cadre du mécanisme de vérification du cessez-le-feu signé à Doha.
Selon les autorités provinciales, les charniers ont été découverts à Kiromoni, près d’une ancienne base occupée par l’armée rwandaise et ses alliés du M23, et à Kavimvira, non loin du cimetière d’Uvira, où des pluies diluviennes ont mis à nu des corps enterrés sommairement.
« Nous avons découvert deux fosses, l’une contenant environ 31 corps et l’autre près de 141 corps », a déclaré Jean-Jacques Purusi.
« Ces atrocités ont été perpétrées durant l’occupation de la ville par l’AFC-M23, en violation flagrante des droits humains. »
À ces découvertes s’ajoute une autre fosse commune signalée à Sange, localité située dans la plaine de la Ruzizi, qui contiendrait une dizaine de corps selon des sources locales concordantes.
L’occupation d’Uvira par les rebelles, du 9 décembre 2025 au 17 janvier 2026, avait déjà suscité de vives inquiétudes. En janvier, Human Rights Watch a accusé les combattants du M23 d’avoir menacé et harcelé des civils perçus comme opposés à leur insurrection.
Pour les autorités congolaises, ces découvertes confirment un schéma de violences systématiques.
« Ces charniers mettent à nu les exactions commises contre des populations civiles sans défense », a affirmé un analyste.
« Le Rwanda et ses supplétifs du M23 devront répondre de ces crimes. »
À Uvira comme à Sange, la population attend désormais l’ouverture d’enquêtes indépendantes et des poursuites judiciaires. La révélation de ces fosses communes conforte les accusations de Kinshasa contre Kigali et ses alliés sur les violations de droits humains et crimes contre l’humanité dans les zones occupées.
