KINSHASA, — Un rapport d’experts des Nations Unies, déposé le 30 décembre 2025, accuse le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, d’avoir procédé à des déplacements forcés de populations autochtones dans l’est de la République démocratique du Congo, afin de les remplacer par des communautés tutsies venues du Rwanda.
Selon le document, ces opérations visent principalement des civils hutus vivant dans les zones sous contrôle du M23, notamment dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Les chefferies de Bwito et de Bwisha, placées sous le commandement de la « première zone de défense » de l’AFC/M23, seraient les plus durement touchées par ce dépeuplement forcé.

« Des acteurs humanitaires, la société civile et des dirigeants locaux ont dénoncé la pratique de l’AFC/M23 consistant à expulser les civils et à leur refuser ensuite l’accès à leurs terres », souligne le rapport.
Les experts estiment que ces expulsions ont entraîné la perte des moyens de subsistance des populations concernées et exposent les zones affectées à une famine imminente.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Ouganda a, de son côté, signalé l’arrivée de plus de 70 000 réfugiés entre janvier et le 21 septembre 2025. L’agence onusienne fait état d’une forte hausse des arrivées en provenance du territoire de Rutshuru depuis avril, en lien avec les opérations anti-FDLR menées conjointement par le Rwanda et le M23.
« Le ciblage délibéré et systématique d’un groupe particulier … Hutu, peut constituer un crime de guerre ou un crime contre l’humanité », avertissent les experts de l’ONU.
Ce rapport de l’ONU corrobore les accusations avec preuves à l’appui, faites par le gouvernement congolais à la mi 2025.
