KINSHASA, — Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a fait de la lutte contre l’impunité un axe central de son action, ciblant en priorité les dysfonctionnements au sein du système judiciaire. Plus de 300 dossiers disciplinaires et pénaux ont été ouverts contre des magistrats et des auxiliaires de justice, a annoncé jeudi le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa.

S’exprimant lors d’un briefing conjoint avec le ministre de la Communication et Médias, le ministre Ngefa a affirmé que cette campagne n’épargne aucun acteur, quel que soit son rang. La justice congolaise, longtemps critiquée pour sa corruption endémique, est appelée à « guérir de ses maux », selon les autorités.

Les ministres Ngefa de la Justice et Muyaya de la communication lors d’un échange avec la presse à Kinshasa. Photo ministère de la communication.

« Nous avons reçu 324 dossiers ouverts à charge des magistrats, dont certains ont été condamnés à des peines disciplinaires et d’autres au pénal. Il y a eu des révocations et des poursuites, traduisant une rupture nette avec la culture de l’impunité », a déclaré Guillaume Ngefa.

Le ministre a précisé que les poursuites concernent également des avocats, huissiers et greffiers, souvent impliqués dans ce qu’il a qualifié de « chaîne criminelle ». Des contacts ont été établis avec les bâtonniers afin d’élargir la responsabilité à l’ensemble des acteurs concernés.

Selon M.Ngefa, la lutte vise aussi les présumés corrupteurs, longtemps perçus comme intouchables.

« Aujourd’hui, toute personne qui commet une infraction, quel que soit son rang, sera tenue responsable », a-t-il insisté, évoquant des injonctions données aux juridictions civiles et militaires.

Parallèlement, le gouvernement cible le secteur foncier, à l’origine de plus de la moitié des litiges judiciaires dans le pays.

« Pour la première fois, la loi consacre la responsabilité pénale individuelle des conservateurs des titres immobiliers impliqués dans la spoliation », a souligné le ministre.

Enfin, dans le contexte du conflit armé à l’est du pays, Kinshasa a adopté une ordonnance présidentielle annulant tous les actes juridiques posés par le M23.

« Zéro reconnaissance juridique des actes d’une rébellion armée », a conclu Guillaume Ngefa, évoquant la défense de la souveraineté juridique nationale.

La réforme de la justice congolaise s’annonce comme un chantier de longue haleine, nécessitant l’implication durable de l’ensemble des institutions pour consolider l’État de droit.

Par LeJour

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