WASHINGTON, — L’administration américaine a affirmé jeudi devant le Congrès que le Rwanda avait violé l’Accord de Washington, tout en soulignant que toutes les options, y compris des sanctions, restaient ouvertes si les engagements pris ne sont pas respectés.
Lors d’une audition consacrée à la mise en œuvre de l’accord, Sarah Troutman, Sous-secrétaire d’État adjointe chargée de l’Afrique, a présenté une position ferme sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et sur l’évolution du partenariat stratégique entre Washington et Kinshasa.
« Le Rwanda a violé l’Accord de Washington », a déclaré Sarah Troutman.
Selon la responsable américaine, le retrait rwandais observé dans la région d’Uvira est jugé largement insuffisant par Washington. Elle a insisté sur la nécessité d’un repli plus conséquent, au minimum jusqu’aux positions initiales des forces concernées.
« Le retrait d’Uvira n’est pas suffisant. Ils doivent reculer plus au nord, au moins jusqu’à leur position initiale. L’objectif final est clair : le Rwanda doit quitter totalement le sol de la RDC. La souveraineté et l’intégrité territoriale du Congo ne sont pas négociables », a-t-elle affirmé.
Sarah Troutman a également rappelé que les engagements pris le 4 décembre dernier devant le président Donald Trump engageaient directement la responsabilité de Kigali, avertissant que l’administration américaine examinait désormais l’ensemble des leviers à sa disposition.
« Toutes les options sont sur la table en matière de sanctions. Les engagements pris doivent obligatoirement être respectés », a-t-elle déclaré aux élus.
Au-delà des enjeux sécuritaires, l’audition a mis en lumière un rapprochement stratégique renforcé entre les États-Unis et la RDC. Sarah Troutman a qualifié ce partenariat de « deal unique en son genre », soulignant son importance économique et géopolitique.
« La RDC et les États-Unis sont en train de consolider un partenariat stratégique unique », a-t-elle indiqué.
Dans ce cadre, Washington anticipe le déploiement prochain de compagnies américaines en RDC. Kinshasa, selon elle, entend accorder une préférence claire aux entreprises américaines dans l’attribution des marchés et des contrats, au détriment de la Chine.
Selon l’esprit du deal et les propos du président américain lors de la signature d’accord de paix, les compagnies américaines vont bientôt se déployer au Congo, avec une préférence accordée aux États-Unis.
La RDC est perçue par Washington comme un acteur central dans la compétition technologique mondiale, notamment pour réduire la dépendance américaine aux chaînes d’approvisionnement chinoises.
Le Congo est un partenaire de choix pour aider les États-Unis à rester en tête de la course technologique tout en coupant leur dépendance aux importations chinoises.
Elle a conclu en soulignant que ce partenariat stratégique devait avant tout bénéficier au peuple congolais.
« Le peuple de la RDC doit être le premier bénéficiaire de ses richesses, en termes de paix, de sécurité, d’infrastructures, d’emplois et de prospérité », a-t-elle affirmé.
