KINSHASA , – La situation sécuritaire s’est brusquement accélérée ces dernières semaines dans l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), où la milice Mobondo, active dans les provinces du Kwango, du Kwilu et dans certaines zones périphériques de Kinshasa, a annoncé le dépôt des armes.

Selon plusieurs sources concordantes, le tournant est intervenu après l’arrestation, en début d’année, de plusieurs hauts cadres du parti de l’ancien président Joseph Kabila, soupçonnés par les autorités de financer ce groupe armé.

Dans la foulée, le gouvernement a lancé une stratégie à deux volets: une intensification des opérations militaires sur le terrain et l’ouverture de négociations discrètes avec les chefs de file de cette milice à dominante ethnique.

À la manœuvre, le ministre délégué à la Défense nationale chargé des anciens combattants Éliézer Ntambwe, qui a piloté les discussions en parallèle des opérations menées par les Forces armées de la RDC (FARDC).

Face à la pression militaire accrue, plusieurs combattants se sont rendus aux autorités. Privés, selon des sources sécuritaires, de financements illicites, certains chefs de la milice ont finalement appelé leurs hommes à capituler.

Échantillon d’armes déposées par les miliciens Mobondo. Capture d’écran

« C’est moi qui avais commencé cette histoire de Mobondo à Kwamouth lorsque nous combattions contre les Ba Teke. À partir d’aujourd’hui, cette histoire est terminée. C’est moi qui l’avais commencée et c’est moi qui y mets fin. Celui qui va oser reprendre cette aventure ne s’en prendra qu’à lui-même », a déclaré Faux Yaya, présenté comme l’initiateur de la milice issue de l’ethnie Yaka.

Dans la foulée de cette déclaration, des dizaines de miliciens ont remis leurs armes aux FARDC et accepté d’être cantonnés en vue d’un éventuel processus de démobilisation et de réinsertion.

Certains combattants justifient leur engagement par des tensions foncières et identitaires.

« Nos terres, où sont enterrés les cordons ombilicaux de nos ancêtres, étaient en train d’être vendues aux Rwandais. Nous ne voulions pas être leurs esclaves. Nous avons remis nos armes pour que la paix revienne », a affirmé Jean Nsalala, un combattant Mobondo.

Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan précis des redditions ni détaillé le calendrier du processus de désarmement, démobilisation et réintégration. Mais à Kinshasa, des responsables sécuritaires évoquent une « avancée majeure » dans la stabilisation de l’ouest du pays, longtemps en proie à des violences communautaires.

Par LeJour

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