BUNIA, – Dix décès suspects ont été enregistrés en l’espace de 48 heures sur le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, dans la province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), a indiqué vendredi le directeur de la Caritas du diocèse de Bunia.
« Les statistiques récentes confirment une aggravation de la situation : sept décès ont été enregistrés le 17 juin et trois autres le 18 juin, soit un total de dix morts en 48 heures sur le seul site de Kigonze », a déclaré l’abbé Justin Zanamuzi lors d’un entretien avec l’ACP.
Selon lui, la situation sanitaire sur ce site de déplacés est « préoccupante », en raison notamment de la forte promiscuité entre les occupants et du non-respect de certaines mesures sanitaires.
« La densité de population sur le site, combinée à des pratiques inadaptées lors de la prise en charge des dépouilles, accroît les risques de propagation de la maladie », a-t-il expliqué, évoquant également l’absence de dispositifs de protection adéquats autour de la morgue de fortune aménagée sur le site.
Les causes exactes des décès n’ont pas encore été établies. L’abbé Zanamuzi a indiqué que les investigations menées par les équipes sanitaires se heurtent à la réticence de certaines familles à autoriser des prélèvements post-mortem destinés à déterminer l’origine des décès.
Le responsable de la Caritas a par ailleurs alerté sur la vulnérabilité d’autres sites accueillant des déplacés à Bunia, notamment celui de l’Institut supérieur pédagogique (ISP), qui pourrait être exposé à une éventuelle propagation de la maladie à virus Ebola en cas de relâchement des mesures de prévention et de contrôle sanitaire.
Il a appelé les populations déplacées à collaborer avec les autorités sanitaires afin de faciliter les enquêtes épidémiologiques et de renforcer les actions de prévention.
La province de l’Ituri fait face à une épidémie d’Ebola depuis le 15 mai, ayant déjà fait plus 200 morts et affectée près de 1000 personnes.
