KINSHASA, — La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a rejeté mardi la demande de remise en liberté provisoire du général Philémon Yav, poursuivi pour trahison et collaboration présumée avec les rebelles du M23, selon une décision rendue à l’issue d’une audience à Kinshasa.
L’ancien commandant de la 2ᵉ région militaire, basée au Haut-Katanga, sollicitait une libération pour raisons médicales et pour détention qu’il jugeait irrégulière. Ses avocats avaient introduit un mémoire unique en ce sens devant la juridiction militaire suprême.
Le parquet général militaire a toutefois demandé le rejet de cette requête, estimant que les arguments soulevés par la défense étaient insuffisants au regard de la gravité des faits reprochés.

« Avant de soumettre le mémoire unique à la Haute Cour militaire, les avocats auraient dû expliquer amplement les faits pour lesquels le prévenu est attrait devant la justice »,
a déclaré le lieutenant-général magistrat Lucien René Likulia, chef du parquet général militaire.
Le ministère public a appelé la Cour à poursuivre l’instruction du dossier sans accorder de mesure de clémence.
« Vous allez dire recevables les moyens présentés à la barre, mais les déclarer non fondés, les rejeter et poursuivre l’instruction »,
a-t-il conclu.
Le général Philémon Yav figure parmi plusieurs officiers supérieurs arrêtés ces derniers mois, accusés de collaboration avec des forces étrangères et d’actes de trahison dans un contexte de conflit persistant dans l’est du pays.
