KABEYA-KAMWANGA, –Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, est arrivé mardi soir à Kabeya-Kamwanga, territoire situé à 45 km à l’ouest de Mbujimayi, dans la province du Kasaï Oriental, au centre de la République démocratique du Congo.

Une visite inédite dans le territoire

Un véhicule 4X4 de la délégation du ministre de la justice sur la route Mbujimayi -Kabeya Kamwanga. Photo ACP.

En ministre de proximité, Guillaume Ngefa a parcouru près de 45 kilomètres sur des routes chaotiques pour atteindre cette juridiction. Il devient ainsi le premier ministre de la Justice à fouler le sol de ce territoire, fief d’origine du chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi.

Au cours de sa mission, le ministre a échangé avec les notables, les chefs coutumiers et les jeunes dans la salle d’audience du parquet près le Tribunal de paix de Kabeya-Kamwanga.

« Je suis dans la posture de l’écoute. Je vais vous écouter. Je suis venu toucher la réalité de la Justice à Kabeya-Kamwanga », a déclaré Guillaume Ngefa.

Une justice jugée « alarmante »

Rencontre entre le ministre de la Justice Guillaume Ngefa et la notabilité de Kabeya Kamwanga. Photo ACP.

Les notables ont dénoncé une justice « malade » et mal administrée. De leur côté, les jeunes ont dressé un tableau alarmant de la situation.

Dans un mémorandum lu devant le ministre, le président du Conseil territorial de la jeunesse (C.T.J), Pascal Kapeta, a décrit un parquet fonctionnant dans des conditions difficiles.

« Nous avons aujourd’hui un parquet près du tribunal de paix de Kabeya-Kamwanga qui fonctionne dans des conditions très difficiles. Les jeunes et braves magistrats ne travaillent pas dans l’environnement requis pour une justice digne de ce nom », a-t-il déclaré.

Territoire vaste et densément peuplé, Kabeya-Kamwanga ne dispose ni de prison ni de commissariat capable d’accueillir des détenus dans des conditions acceptables.

« L’état de détention de nos frères est précaire. Ils sont gardés à même le soleil, exposés à diverses maladies. Souvent, lorsqu’un jeune sort du cachot, il doit être immédiatement soigné », a ajouté Pascal Kapeta.

Des engagements sous trois mois

Face à ces préoccupations, le C.T.J a plaidé pour la construction d’infrastructures judiciaires, d’une prison, de commissariats, la formation des officiers de police judiciaire et l’octroi de moyens de transport aux magistrats.

« Nous voulons une justice de proximité réelle et humaine pour notre territoire », a conclu le président du C.T.J.

Réagissant, le ministre de la Justice a promis un suivi rapide.

« D’ici trois mois, nous enverrons une équipe ici pour faire le suivi des recommandations que nous allons faire ici », a assuré Guillaume Ngefa.

« Pour d’autres problèmes, je vais discuter avec le Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il ajouté, évoquant d’éventuelles réformes institutionnelles pour renforcer le fonctionnement de la justice dans ce territoire.

Par LeJour

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