KINSHASA, — Le 16 janvier n’est pas un jour comme les autres en République démocratique du Congo. C’est le jour du souvenir, de la mémoire, de l’hommage rendu à Laurent-Désiré Kabila, « Mzee », assassiné pour avoir voulu affranchir le pays de ses parrains régionaux, le Rwanda et l’Ouganda . Pourtant, cette date sacrée est aujourd’hui profanée par une image insoutenable : celle du “fils “, Joseph Kabila, sécurisé à Goma et ailleurs par des militaires de Paul Kagame.

En célébrant ce douloureux anniversaire en compagnie de celui dont les mains portent toujours le sang de « Mzee », Kabila attriste et énerve les Congolais.

Cette chronique interroge le paradoxe moral et politique d’un héritier qui semble renier l’histoire qu’il incarne. Comment comprendre que celui qui doit son pouvoir à la mort tragique de son père soit aujourd’hui associé à une entreprise de ceux qui sont à la base de cet ignoble assassinat célébré à Kigali ? Ce n’est plus seulement une question de stratégie politique, mais de mémoire nationale, de loyauté et de sacré.

En filigrane, c’est toute la relation du Congo à son histoire qui est questionnée. Peut-on bâtir l’avenir en pactisant avec ceux qui ont ensanglanté le passé ? Le jour de la commémoration devient alors un miroir cruel : au lieu d’unité et de recueillement, il renvoie l’image d’une mémoire piétinée et d’un deuil jamais refermé.

Cette chronique prend ainsi le 16 janvier comme symbole d’une rupture profonde : non seulement entre père et fils, mais également entre le peuple et ceux qui parlent en son nom, tout en marchant avec ses bourreaux.

Par LeJour

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