KINSHASA, – Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a condamné vendredi avec la plus grande fermeté l’attaque par drones menée contre l’aéroport de Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), revendiquée par le mouvement armé AFC/M23 soutenu par le Rwanda.

Dans un communiqué publié vendredi et consulté par le Lejour.net, le chef de l’exécutif de l’UA a exprimé sa « plus vive préoccupation » face à cette attaque visant une infrastructure aéroportuaire située dans un centre urbain majeur et exposant gravement les populations civiles.

« Cette attaque constitue une grave violation du droit international humanitaire », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.

Il a souligné que le recours à des drones contre une infrastructure civile viole les principes fondamentaux du droit international humanitaire, notamment ceux de distinction, de proportionnalité et de précaution. En l’absence de preuves établissant le caractère strictement militaire de la cible, l’aéroport conserve, selon lui, sa présomption de bien civil et bénéficie d’une protection pleine et entière en vertu du droit international.

« Aucune justification politique, sécuritaire ou militaire ne peut légitimer des actes mettant en danger des civils ou des infrastructures à usage civil », a-t-il insisté.

Se référant à la Convention de l’OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et à son Protocole de 2004, le président de la Commission a estimé que cette attaque est susceptible de relever de la qualification d’acte terroriste et pourrait engager la responsabilité pénale individuelle de ses auteurs et commanditaires.

Mahmoud Ali Youssouf a mis en garde contre l’extension des hostilités à des villes éloignées des lignes de front, qualifiant cette évolution de facteur majeur d’escalade et de menace directe pour la stabilité nationale et régionale, dans un contexte humanitaire déjà critique dans l’est de la RDC.

« L’extension des hostilités à des centres urbains majeurs fait peser des risques inacceptables sur la population civile », a-t-il averti.

Il a appelé l’AFC/M23 à cesser immédiatement les hostilités et exhorté l’ensemble des parties à mettre en œuvre sans délai l’Accord de Doha, fondement d’un cessez-le-feu effectif et d’un retour au dialogue politique.

Par LeJour

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