KINSHASA, — La polémique visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, relancée par l’initiative parlementaire du député Laddy Yangotikala, suscite un débat aux relents politiques.

« Il ne s’agit pas d’un contrôle parlementaire classique, mais d’une cabale interne, sur fond de rivalités politiques, notamment au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social » estime un proche du vice-Premier ministre congolais.

Shabani a un bilan à la tête du ministère de l’intérieur. Lejour.net s’est mis à l’exercice. Les lignes qui suivent en donnent les points forts.

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement, par l’entremise de Jacquemain Shabani, n’est pourtant pas resté inactif. Face à la montée de la criminalité à Kinshasa et en provinces, plusieurs mesures ont été prises. Parmi elles, un protocole d’accord innovant entre la Police nationale congolaise, la société WSTD et les opérateurs de télécommunications tels que Vodacom, Airtel, Orange et Africell. Cet accord vise à améliorer la coordination des interventions, notamment grâce à un numéro vert d’urgence et à la dotation en motos pour les unités de police.

Parallèlement, les patrouilles ont été intensifiées sur instruction du VPM, avec un accent particulier sur la lutte contre les bandes urbaines, communément appelées “Kuluna”, dans le cadre de l’opération Ndobo. Cette stratégie a permis l’interpellation et le jugement en flagrance de plusieurs criminels, illustrant une volonté d’action rapide et visible.

Sur le plan structurel, la réforme de la Police nationale congolaise constitue un pilier majeur. La loi de programmation, proposée et défendue par Shabani Lukoji, et promulguée en 2025 par Félix Tshisekedi prévoit notamment le recrutement de 90 000 policiers en cinq ans, ainsi que la modernisation des infrastructures et la mise à la retraite progressive de 10 000 agents.

Des avancées concrètes sont déjà visibles, notamment avec la formation de 5 000 policiers à Kasangulu et la réhabilitation de l’école de police de Kapalata à Kisangani, désormais capable d’accueillir 2 000 recrues. À Kinshasa, la construction de logements pour policiers sinistrés témoigne également d’une amélioration progressive des conditions de vie.

Au regard de ces éléments, le bilan de Jacquemain Shabani Lukoo apparaît marqué par des réformes tangibles. Il est certes vrai qu’il y a encore à faire, cependant les avancées nombreuses et méritent d’être prises en compte. La controverse actuelle semble ainsi relever davantage d’une lutte politique que d’une évaluation objective de son action.

Par LeJour

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