KINSHASA, – Le Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo estime que la branche armée de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) comptait environ 30 000 combattants, répartis en trois zones de défense placées sous les commandements de Baudoin Ngaruye, Justin Gacheri Musanga et Bertrand Byamungu, selon un rapport consulté mercredi par Lejour.net

Le document indique que cette force bénéficiait d’un soutien militaire direct de la Force de défense rwandaise (RDF), dont les effectifs déployés dans l’est de la RDC étaient estimés entre 14 000 et 18 000 soldats en décembre 2025. Les experts précisent qu’« aucun retrait notable n’avait été signalé par la suite », les mouvements observés correspondant principalement à des rotations de troupes et à l’arrivée de renforts.

Selon le rapport, l’offensive lancée contre Uvira à la fin de novembre 2025 était conduite sous le commandement direct de Sultani Makenga et de Bertrand Byamungu, avec un rôle déterminant attribué au général rwandais à la retraite James Kabarebe. Les experts estiment que cette opération visait « le contrôle total du Sud-Kivu ».

Dans le Nord-Kivu, le Groupe d’experts affirme que l’AFC/M23 et la RDF ont poursuivi des opérations contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), notamment dans les chefferies de Bwito et de Bwisha, dans le territoire de Rutshuru. Le rapport fait également état d’exécutions systématiques, de destructions de moyens de subsistance et d’incendies de villages visant des civils accusés d’entretenir des liens avec les FDLR ou des groupes affiliés.

Les experts soulignent par ailleurs que l’AFC/M23 a consolidé son contrôle territorial en menant des offensives simultanées sur plusieurs fronts et en s’appuyant sur « des armes et des technologies de pointe » fournies grâce au « soutien essentiel » de la RDF, notamment des drones, des équipements de guerre électronique et des forces spéciales.

Au-delà des opérations militaires, le rapport décrit la mise en place d’une administration parallèle dans les territoires contrôlés. Selon les experts, l’AFC/M23 a centralisé la perception des taxes provinciales au sein d’une structure relevant de son département des finances et supervisé les services publics, notamment les secteurs de l’eau, de l’électricité, des assurances et des services financiers.

Le Rwanda rejette régulièrement les accusations selon lesquelles ses forces soutiennent le M23 ou opèrent militairement en territoire congolais, affirmant que ses mesures visent à protéger sa sécurité face à la menace des FDLR. Le Groupe d’experts estime toutefois que les opérations documentées, notamment à Uvira, « mettent en doute le bien-fondé de l’argument de légitime défense » avancé par Kigali.

Par LeJour

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