KINSHASA, — Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a tracé mardi une ligne de rupture nette avec les pratiques qu’il juge déviantes au sein de l’appareil judiciaire congolais, promettant rigueur, éthique et restauration de la crédibilité de l’institution.
S’exprimant devant les agents et cadres de l’administration de la Justice et de son cabinet, réunis à l’INAFORJ au Palais de justice de Kinshasa, le ministre a affirmé vouloir replacer la justice au service du citoyen et de l’État, loin des réseaux informels et de la corruption.
- Le ministre Guillaume Ngefa s’adressant aux agents du ministère de la Justice. Photo ministère
« Le ministre de la Justice ne parle pas beaucoup. Il agit », a-t-il déclaré, résumant une gouvernance qu’il veut sobre et axée sur les résultats.
Tolérance zéro annoncée dès 2026
Guillaume Ngefa a annoncé l’instauration d’une politique de tolérance zéro à partir de 2026 contre le monnayage des actes judiciaires, l’absentéisme, les retards répétés, la concussion et l’indiscipline hiérarchique.

« Il y a des comportements que l’on ne peut pas avoir quand on est fonctionnaire du ministère de la Justice », a-t-il averti, ajoutant que « le temps de l’observation est révolu ».
Selon lui, des sanctions, positives comme négatives, seront appliquées afin de restaurer l’autorité et l’exemplarité de l’institution.
Rapprocher la justice du citoyen
Le ministre a également mis en avant des avancées dans l’assainissement des services judiciaires, affirmant que les réseaux de racolage autour du ministère ont été démantelés.
« Les racoleurs qui étaient devant le ministère, on ne les voit plus », a-t-il affirmé, soulignant que toute tentative d’extorsion sera désormais poursuivie comme une infraction.
Des actes plutôt que des annonces
Sans entrer dans le détail, Guillaume Ngefa a indiqué que des actions ont été engagées contre des cas présumés de corruption, de spoliation foncière et de fraude minière, tout en refusant une communication tapageuse.

« Nous ne sommes pas obligés d’aller dans les médias pour le dire. Ce sont les actes qui parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.
Prisons et crédibilité internationale
Le garde des Sceaux a reconnu l’état vétuste du système pénitentiaire, annonçant un programme de construction et de réhabilitation à partir de 2026.
« Certaines prisons datent de 1925 », a-t-il rappelé, promettant également la fin des rétrocommissions dans leur gestion.
Enfin, il a souligné le renforcement de la diplomatie judiciaire congolaise et le rôle du ministère dans les contentieux nationaux et internationaux.
« Je suis un passager. C’est pour l’avenir », a conclu le ministre, appelant l’administration judiciaire à s’approprier durablement les réformes engagées.
